Delaborde, Henri. "Les Préraphaélites a propos dun Tableau de Raphael." Revue des Deux Mondes 16 (Jul. 1858), 241-260.
excerpts
I. Essai sur les Fresques de Raphaël au Vatican, par M. A. Gruyer; Paris, 1858.II. Modern Painters, Lectures on Architecture and Painting, Pre-Raphaelitism, par M. Ruskin; Londres 1881-1885.III. Pre-Raffaellitism [sic], par le rév. Edward Young, 1857.
Si jamais homme a eu le privilége de captiver sans relâche les regards de la postérité, sil est un maître dont les uvres semblent dès longtemps classées avec exactitude et les progrès successifs définitivement constatés, cest à coup sûr le peintre, illustre entre tous, du Sposalizio et des Stanze, des vierges et de la Transfiguration. Limmense célébrité quil obtint de son vivant, la sympathie quinspirent, même aux générations qui surviennent, la beauté de làme et du corps, les glorieux et charmans souvenirs dune vie trop tôt brisée,tout devait concourir à préserver Raphaël de lindifférence ou des méprises de lhistoire; tout assurait à la mémoire du divin artiste, comme aux moindres travaux quil a laissés, une popularité exceptionnelle. Cependant telle a été lincroyable fécondité de ce pinceau que, de nos jours encore, elle se manifeste par quelque témoignage imprévu, par quelque admirable morceau échappé jusquici aux traditions et aux catalogues. Telle est, dautre part, léternelle nouveauté des uvres du maître le plus universellement connues, quil reste toujours quelque chose à découvrir et à louer la même où les commentaires semblaient désormais superflus et toutes les formules déloge épuisées. Il y a peu dannées, la fresque de Sant Onofrio, à Florence (1), était rendue à ladmiration publique, après trois cents ans doubli: voici quun petit tableau dun caractère tout différent, mais non certes dun moindre mérite,Apollon et Marsyas,achève de nous révéler la féconde adolescence de ce noble génie. Depuis que M. Passavant a publié, sur la vie et les travaux de Raphaël, un précieux ensemble de faits et de documens, que pouvait-on en apparence ajouter aux éclaircissemens fournis par ce livre, qui résume et achève toutes les informations antérieures? Et pourtant voici quen traitant un sujet analogue, en prenant même pour objet principal de son travail les peintures du maître qui ont été le plus souvent étudiées, lauteur dun Essai sur les fresques du Vatican, M. Gruyer, trouve le secret de louer Raphaël sans tomber dans les redites, de compléter par quelques observations utiles les renseignemens et les avis que tant décrivains nous avaient donnés avant lui.
Toute proportion gardée dailleurs entre limportance des deux faits,la découverte dun tableau de Raphaël et la publication dune étude judicieuse sur les Stanze,on peut dire que ces faits se produisent aujourdhui avec une opportunité particulière. Qui laurait cru en effet? Raphaël a besoin de se défendre et dêtre défendu. Pour la première fois, sa cause est non pas, grâce à Dieu, compromise, mais audacieusement trahie par quelques-uns. Le nom qui, depuis plus de trois siècles, représente dans lart la perfection suprême nous est proposé par les apôtres dune esthétique nouvelle comme le synonyme du faux talent, de lerreur et de lafféterie pittoresques. Je nexagère rien. On peut lire dans les écrits du théoricien le plus autorisé de la secte préraphaélite, M. Ruskin, la condamnation en termes exprès des ´beautés écurantes de Raphaël,ª détranges aperçus sur ´son art à la fois insipide et empoisonné,ª sans compter les jugemens qui flétrissent telle composition en particulier, la Transfiguration par exemple, ou ´cette monstruosité infinie, cette uvre toute dhypocrisieª qui représente Jésus-Christ donnant les clés du paradis à saint Pierre. Hâtons-nous de le dire, loutrage nest pas venu de notre pays. Quelles quaient pu être en matière dart les erreurs de la critique française, jamais on na eu à lui reprocher de pareilles témérités. Si même un homme se fût rencontré parmi nous qui, pomr la nouveauté du fait, eût imaginé de sen prendre au génie de Raphaël, sa fantaisie, à coup sûr, neût pas trouvé de complices. En Angleterre, les choses se sont passées autrement. Le Pre-Raphaelitism ou Pre-Raffaellitism, suivant lorthographe adoptée dabord par M. Ruskin et revisée ensuite par lun de ses adversaires, M. Young, est aujourdhui une doctrine publiquement professée par les uns, pieusement acceptée par les autres, prise au sérieux à peu près par tout le monde, sauf à produire jusquici plus de manifestes écrits que de tableaux et à se formuler vaillamment dans les spéculations de la théorie en attendant les démonstrations de la pratique.
Le préraphaélitisme,mot pédantesque de quelque façon quon lécrive et, soit dit en passant, presque aussi maussade que lidée quil exprime,le préraphaélitisme est une pure négation de lart tel que lont pratiqué les successeurs du Pérugin, et en particulier lillustre élève de celui-ci. Or au nom de quel principe savise-t-on de supprimer ainsi tous les progrès accomplis depuis la fin du xve siècle? Sagit-il dune réforme de la peinture au point de vue mystique, dune réaction contre le paganisme de la renaissance dans le sens des efforts tentés par lécole allemande contemporaine? Nullement; langlicanisme dailleurs saccommoderait assez mal dun art renouvelé des quattrocentisti florentins (2). Aussi la doctrine des préraphaélites de Londres na-t-elle rien de commun avec lascétisme pittoresque de M. Overbeck et de ses disciples. Ce nest pas pour restaurer lart religieux suivant les formes dexpression primitives quelle condamne les perfectionnemens introduits dans lexécution matérielle par Raphaël et les autres grands maîtres italiens. Ces progrès, elle les répudie non pas en tant que concessions au réalisme,autre mot fâcheux du vocabulaire moderne,mais au contraire à titre dimitation insuffisante et de transcription infidèle de la réalité.
Il semble au surplus que cette impuissance à comprendre les chefs-duvre de lécole italienne, et en général les conditions idéales de la peinture, soit en Angleterre un vice du tempérament national, puisque les plus grands esprits eux-mêmes nont pas été sans infirmité sur ce point. Lord Byron écrivait dItalie à M. Murray: ´Je ne connais rien à la peinture et je la déteste, à moins quelle ne me rappelle quelque chose que jai vu ou que je crois possible de voir. Cest pourquoi je cracherais volontiers sur tous les saints et autres sujets dune moitié des tableaux que je rencontre dans les églises et dans les palais. De tous les arts la peinture est le moins naturel, le plus artificiel, celui qui en impose le plus à la bêtise dés hommes. Je nai jamais vu de tableau ou de statue qui ne fût à plus dune lieue au-dessous de ma conception ou de mon attente; mais jai vu plusieurs montagnes, jai vu des mers, des fleuves, des sites et deux ou trois femmes qui ont été au-delà. . . ; Jajouterai quelques chevaux, le lion dAli-Pacha et un tigre de la ménagerie dExeter-Change (3).ª Nous ne savons si les préraphaélites sautoriseraient des paroles de Byron, mais on peut dire que la sauvage profession de foi du poète contient en germe toute leur doctrine. A quoi tend cette doctrine en effet? A évincer si bien ´lartificielª que lart se trouve du même coup supprimé, ou que du moins il ait pour fin unique leffigie à outrance de la réalité. Plus dinterprétation, plus de style, plus de sentiment personnel à propos des modèles quil sagit de reproduire; le fait palpable, poursuivi jusque dans ses conséquences infimes, le détail accepté sans contrôle et formulé sans réserve, sans modification daucune sorte, tel sera lobjet du travail; la naïveté brutale de linstrument photographique, voilà les conditions de véracité imposées au peintre. Nous navons pas à examiner ici comment les artistes anglais sacquittent de la triste tâche que leur ont infligée les prédications de M. Ruskin, ni à rechercher les premiers symptômes du radicalisme actuel dans les tableaux de M. Turner et de ses disciples, uvres préraphaélites si lon veut, bizarres à coup sûr, dont lécrivain sest servi dabord comme dargumens pour étayer sa thèse. On se rappelle sans doute les toiles de la nouvelle école qui figuraient à lexposition universelle ouverte à Paris en 1855. Dautres essais des préraphaélites ont été dailleurs examinés ici même à titre de résultats et jugés comme tels assez récemment (4). Ce que nous voulons seulement indiquer, cest lesprit dans lequel est conçue cette prétendue réforme et le genre daccusations portées contre Raphaël par les théoriciens du parti.
Si la sincérité du sentiment en face de la nature est le principe et la condition nécessaire de toute uvre dart, en revanche rien de plus malencontreux, rien de moins sympathique que leffort pour paraître ingénu. Que dirait-on de Célimène cherchant à se donner les airs dAgnès, ou dun vieillard qui, en témoignage de sa candeur, se remettrait volontairement à balbutier la langue des enfans? Cest pourtant à cette coquetterie fardée dinnocence, à cette ingénuité systématique, que les préraphaélites, prétendent réduire de nos jours linspiration et les formes pittoresques. En affectant de se montrer naïfs ils courent risque dêtre accusés de niaiserie, en voulant trop être sincères ils ne réussissent quà devenir indiscrets. Enregistrez un à un, si bon vous semble, mille accidens dont lil et lesprit nont que faire, mais ne nous donnez pas pour une image du vrai les servilités de votre pinceau, car ce vrai, dont il fallait définir et résumer les caractères, vous naurez su quen surcharger lapparence et en morceler lexpresion.
La convention et la routine, disent M. Ruskin et ses disciples, ont faussé le goût publie; il nous faut le redresser à tout prix et ramener lart dans ses voies naturelles.Rien de mieux sil sagissait seulement de réagir contre les excès de la pratique. Lécole anglaise en particulier ne pourrait que gagner à ce mouvement de retour vers des principes quont singulièrement méconnus les imitateurs de Lawrence, les dessinateurs de vignettes et les peintres contemporains de paysage et danimaux. Malheureusement, au lieu de sen prendre aux vrais coupables, on essaie de mettre en cause ceux-là mêmes quil nest pas permis de soupçonner, au lieu daccuser la fausse facilité, le culte des recettes et des traditions vulgaires, en choisissant bien près de soi des exemples concluans, on veut démêler les symptômes du mal à travers les siècles et dans les vres des plus grands maîtres. Que dis-je? cétait peu de rendre ces anciens maîtres responsables des entrainemens qui ont suivi: il fallait que leur imagination personnelle ou leur science fût résolûment condamnée au nom du progrès moderne, et que la renaissance des arts en Angleterre au xixe siècle, fît justice de la renaissance italienne au xve,le tout sans préjudice des vengeances a exercer ailleurs, en France et dans les Pays-Bas par exemple. M. Ruskin, entre autres aperçus qui se recommandent du moins par une incontestable nouveauté, na-t-il pas signalé chez Rembrandt et chez Corrége ´des erreurs fatales et constantes dans lemploi du clair-obscur?ª Na-t-il pas assez nettement dit son fait à Claude Lorrain et mesuré là distance qui sépare ce prêtendu maître, tantôt à lintelligence étroite,ª tantôt aux instincts de ´correction futile (5)ª de M. Turner, ´le plus grand paysagiste qui ait jamais vécu (6);ª M. Turner, ´envoyé par Dieu comme un prophète pour révéler les mystères de lunivers;ª M. Turner, ´qui se dresse comme le grand ange de lApocalypse, revêtu dun nuage, couronné dun arc-en-ciel et tenant dans sa main le soleil et les étoiles (7)?ª On conçoit quaprès de pareilles fantaisies lyriques le même écrivain, le même poète, devrais-je dire, nait pas craint dattribuer le rôle dun Giotto moderne à M. Millais (8),le peintre de cette Mort dOphelia que nous avons tous vue à Paris il y a trois ans, sans nous douter probablement que tant de petites fleurs et de petites herbes, tant de minutie dans le style, tant dexiguité dans le sentiment, pouvaient équivaloir à la manière sobre et ferme, à lample majesté du trecentista florentin. Savions-nous du moins que ´le tableau de M. Hunt, Isabella and Claudio, lemporte à certains égards sur tout ce qui a été produit dans les diverses périodes de lart (9)?ª Quant à Raphaël, il ferait bien apparemment, sil ressuscitait aujourdhui, détudier, comme tous ses confrères, Isabella and Claudio; mais il aurait avant tout un compte sévère à rendre des méfaits quil a commis ou provoqués, méfaits que nous étions exposés à ignorer longtemps encore, si M. Ruskin navait eu le don de les apercevoir et le courage de les dénoncer. Cela sexplique: il est bien difficile par exemple, quand on visite la Chambre de la Signature au Vatican, de reconnaître dans cette chambre lantre même doù sont sortis les fléaux qui ravagent lart depuis trois siècles. Faute davertissement contraire, on se croit généralement en face de radieux chefs-duvre dignes de leur renommée universelle, et lon savise dautant moins de résister à ladmiration quon éprouve, que le consentement de tous autorise de reste cette impression personnelle. M. Ruskin nentend pas que lerreur se prolonge. ´Ne voyez-vous pas, sécrie-t-il, que Raphaël a figuré côte à côte, sur ces murs, le royaume de la théologie, où règne le Christ, et le royaume de la poésie, où trône Apollon? Cest dans ce lieu, cest à cette heure que la décadence intellectuelle et la décadence de lart ont commencé pour lItalie (10).ª Tenons-nous-le pour dit, bien que tout le mal peut-être ne soit pas venu de là, et que lon puisse trouver dans des monumens antérieurs, dans le poème de Dante entre autres, quelques symptômes dune ´décadenceª analogue. On pourrait objecter encore que, si voisines quelles soient lune de lautre, ces deux fresques,la Dispute du Saint-Sacrement et le Parnasse,se recommandent après tout par lappropriation du style, par lélévation du sentiment et la perfection de la forme, en un mot par un incomparable ensemble de toutes les qualités qui font le peintre; mais nous nous garderons dinsister. A quoi bon dailleurs discuter les arrêts de lécole préraphaélite? Les citer, cest en faire justice, et le mieux est de se fier sur ce point au bon sens de chacun. Aussi bien le moment est-il venu den appeler à Raphaël lui-même des paradoxes que ses uvres suscitent, et dopposer un témoignage imprévu de son génie aux attaques dune critique sans mesure et dun dogmatisme sans raison. . . .
On ne saurait en dire autant de la nouvelle école anglaise, au moins en ce qui concerne le respect des origines et des ancêtres. Reynolds lui-même,le Raphaël, toute proportion gardée, dun groupe dartistes dont Thomas Hudson serait le Pérugin et Lawrence le Jules Romain,Reynolds est jugé avec une rigueur excessive par M. Ruskin et par ses adhérens, qui ne montrent à légard de Wilson ni plus dindulgence ni plus de justice. Libre à eux, au surplus. Sils veulent renier les gloires qui leur appartiennent, sil leur plaît en revanche de saluer dans M. Turner le messie de lart anglais, dans M. Hunt et dans M. Millais les apôtres du nouvel évangile, cest à de plus intéressés que nous dans la question à défendre un passé moins riche sans doute que celui des autres écoles, et qui cependant nest pas sans honneur. Mais que lesprit de révolte ose viser beaucoup plus haut, que la négation même de lart revête la forme dun traité desthétique, et le mépris pour les grands artistes lapparence dune opinion légitime,voilà qui devient plus dangereux, et qui nous trouvera moins aisément résigné. Nexagérons rien toutefois: lexcès du mal peut engendrer quelque bien. Peut-être, même en Angleterre, de nouveaux théoriciens surgiront-ils qui, au lieu duser leur temps et leurs paradoxes à la critique impossible des anciens chefs-duvre, à la glorification compromettante de quelques talens contemporains, comprendront quil est plus logique, et surtout plus utile, de prêcher la vérité au nom des maîtres que de proscrire ceux-ci au nom de la vérité. Peut-être M. Millais et les autres jeunes artistes dont le talent ségare aujourdhui se lasseront-ils de leur attitude de sectaires, et se décideront-ils à consacrer à létude du vrai les forces quils dépensent dans une lutte stérile avec le réel. Lécole anglaise, livrée depuis le commencement du siècle au goût conventionnel et factice, aura pu ainsi tirer quelque profit de son radicalisme actuel. Quant au préraphaélitisme proprement dit, après avoir excité quelque temps dans le public une sorte de curiosité, cette doctrine, qui tire son unique valeur de lexcentricité des principes, ne réussira même plus à scandaliser personne. Il adviendra delle ce qui est advenu déjà de certaines petites églises qui ont essayé parfois de sinstaller sur les ruines des dogmes consacrés et des vérités éternelles. Comme la secte des théophilanthropes succombait, il y a soixante ans, sous le poids de lindifférence et du ridicule, le préraphaélitisme tombera bientôt dans le discrédit et loubli, et, il faut lavouer, jamais résultat naura été plus désirable ni châtiment mieux mérité.
Hélas! nous aussi, nous avons en un certain sens nos préraphaélites, et nous nhésiterions pas à formuler quelque vu semblable sur lavenir de leur doctrine, si cette doctrine existait à vrai dire; si ce titre de réalistes, choisi par ceux qui ne demandent pas à la matière de penser, qui ne lui demandent que dêtre, impliquait rien de plus quun simple non-sens et des intentions, après tout, assez bénignes. Ici nulle innovation, nul étalage de théories. En reprenant sans bruit, sans gros livres, sans programme altier, quelque chose de luvre tentée autrefois par Michel-Ange de Caravage et par Valentin, le réalisme contemporain naspire pas, que nous sachions, à renouveler lart de fond en comble, ni même à régenter lécole française: il voudrait, sauf à nêtre pris fort au sérieux par personne, détourner sur soi un peu de lattention que nous accordons volontiers à tout ce qui saffiche sous une étiquette quelconque, à ce qui, même aux dépens du reste, offre quelque apparence de nouveauté. Lhumilité du dogme réaliste suffit-elle pour nous rassurer, et ny a-t-il là, dans lavenir, que des fantaisies à peu près inoffensives? Nous ne demandons pas mieux que de le croire, tout en appréciant le danger dune sécurité trop grande sur ce point. La santé delesprit peut perdre quelque chose à ce contact, même momentané, avec lerreur, et le plus sage serait sans doute de sisoler complétement dune atmosphère où notre goût an moins risque de se vicier. Les grands exemples contemporains commencent à nous manquer; la mort fait chaque jour quelque vide nouveau dans notre école: est-ce le moment de fermer les yeux au mal, et ne devons-nous pas au contraire redoubler de vigilance pour en prévenir lenvahissement? Encore une fois, le réalisme naura pas raison de notre passé, de nos instincts, de nos souvenirs anciens et récens. Il ne saurait simplanter sur les ruines de lart français, de lart de Poussin et de Lesueur, continué jusquici par tant de disciples fidèles; mais cest trop que davoir à subir de pareilles tentatives, dussent-elles, comme nous lespérons, naboutir quà une émotion passagère. Quant au préraphaélitisme anglais, il a, on ne peut le méconnaître, des appétits bien autrement révolutionnaires. Il en vent à lart de tous les temps et de tous les pays, aux renommées les plus hautes, aux principes le plus universellement respectés: si rassuré que lon puisse être sur lissue des deux entreprises, on doit avoir à cur den signaler laudace ou la pauvreté. Cest par lexemple de Raphaël lui-même quil nous a paru opportun de combattre ces funestes doctrines et ces tristes ambitions.
Henri Delaborde
(1) Voyez sur la fresque de Sant Onofrio létude de M. Vitet dans la Revue des Deux Mondes du 15 novembre 1850.
(2) On sait que cette dénomination de quattrocentisti sapplique en Italie aux artistes qui vivaient au xve siècle, comme celle de trecentisti désigne les artistes du xive.
(3) Nous ajouterons, nous, pour compléter la liste et pour montrer quen matière d( peinture lord Byron ne se trompait pas moins dans ses admirations que dans ses mépris, lApar du Guerchin, que possède le musée Bréra à Milan . tableau dun sentiment et dune exécution vulgaires, mais qui, au dire dun témoin oculaire, M. Beyle, avait le privilége ´ délectriser ª cette Ame si dédaigneuse de lart et des vrais chefs-duvre.
(4) De lÉtat des Beaux-Arts en Angleterre en 1857, par M. [Prosper] Mérimée, livraison du 15 octobre 1857.
(5) Modern Painters, tome III, part. iv, p. 328;tome IV, part. v, p. 57.
(6) Ibid., tome Ier, part. ii, p. 411.
(7) Ibid., tome Ier, ch. vii, p. 92.
(8) Notice for the Arundel Society, p. 23.
(9) Lectures on Architecture and Painting, p. 231.
(10) Lectures, page 213.
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